Studio La Licorne Rouge – Rennes

Au programme aujourd’hui : une belle rencontre avec le créateur du Studio La Licorne à Rennes. Ce lieu, au-delà des multiples créations auxquelles il a donné des ailes, est un véritable temple d’histoire et de passion. Interview. 

Pour vous, c’est quoi un studio ?

Un Studio d’enregistrement, c’est un lieu de rencontres et de partage, c’est l’endroit ou les projets prennent naissance, c’est un lieu de création où se concrétisent des mois, parfois des années de travail, c’est aussi l’endroit où se croisent musiciens et producteurs et où l’ingénieur du son devient parfois l’instigateur de collaborations nouvelles.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire du studio ? 

L’histoire du studio La Licorne remonte à mes origines, c’est un rêve de gamin… Lorsque j’avais 13-14 ans, j’étais déjà responsable du lieu de répétition et d’enregistrement de mon premier groupe, nous étions tous des acharnés, des bourreaux de travail, on y passait réellement tout notre temps libre et nos amis ne comprenaient pas pourquoi on s’enfermait au lieu d’aller surfer… c’est aussi l’époque où l’on nous a confié l’antenne avec mon compère guitariste pour 1h30 d’émission de radio que nous avons menée 5 jours par semaine sur Radio Bis (future Sun FM, une radio renommée des Caraïbes). On courrait du collège au 15ème étage pour diffuser un programme plutôt Hard que Rock, ce qui valait souvent les coups au cœur de notre chef d’antenne…

Depuis, j’ai toujours travaillé avec les studios, souvent en tant que spécialiste en équipements. C’est suite à une rencontre fulgurante avec les musiciens du groupe de Jazz-Rock Afro-Cubain “Natura” que le destin m’a rattrapé… J’ai démissionné d’Apple, vendu ma maison et débarqué à Rennes pour suivre une formation musicale pro. Ensuite, j’ai directement enchaîné les tournées pendant 3 ans qui m’ont emmené jusqu’au Royaume-Uni. J’ai finalement posé mes valises et créé La Licorne Rouge en 2004 au cœur de la Capitale bretonne.

Régie A du Studio La Licorne Rouge

Le Studio a beaucoup évolué depuis, notamment grâce à de nouveaux locaux plus grands. J’ai été rejoint par Florian Sauvé, qui est justement passé par les murs des Studios Davout en tant que stagiaire en 2014.

Quelles sont les spécialités du studio ? De quel type de matériel disposez-vous ? 

Nous travaillons principalement sur des projets d’enregistrements musicaux mais avons participé à des réalisations pour le cinéma, la télévision ou encore les films d’animation.

Les Régies sont équipées de consoles Analogiques Toft Audio ATB 32, TL Audio M4 et Allen & Heath GSR-24m ainsi que de périphériques de traitement de dynamique ou de préamps divers : tranches Joemeek, TL Audio, Manley, AEA ou encore d’unités de Reverb : Lexicon PCM 70, Eventide Eclipse… Enfin, nous avons deux cabines, la plus grande faisant 50 m2.

Le studio a-t-il un genre musical de prédilection ?

Nous tenons à rester accessibles à tous types de projets, des groupes professionnels aux groupes amateurs, en passant par les artistes vocaux de tous registres. Nous avons vu naître les carrières de chanteurs ou de musiciens alors dans l’obscurité et l’anonymat le plus complet , qui mènent aujourd’hui leur vie professionnelle dans la musique. Toute personne qui franchit la porte du studio a droit au même respect et à notre entière implication.

Quel degré d’accompagnement proposez-vous aux artistes ? 

Nous accompagnons les artistes et restons à leur écoute tout au long de leur évolution, notre collaboration s’inscrit dans le long terme. Nous avons une oreille attentive et les conseillons souvent sur divers aspects de leur musique.

Il arrive fréquemment que nous recommandions l’intervention de musiciens ou d’arrangeurs pour parfaire la préparation de l’enregistrement (direction musicale ou technique) et le suivi nécessaire à la bonne réalisation d’une production. Nous fixons ensemble les objectifs à atteindre et nous faisons le nécessaire pour que tout se déroule selon les plans prévus.

Des conseils pour les artistes émergents qui n’osent pas passer de leur chambre au studio ? 

Il est clair que l’autoproduction a permis de donner naissance aujourd’hui à de nombreuses vocations et à l’émergence de nouveaux styles de musique. La miniaturisation des équipements et la facilité d’accès aux outils de création numériques placent l’artiste dans une situation ou il doit remplir tous les postes : de celui de créatif à celui de technicien, tout en endossant la veste du producteur et en assurant lui-même le Mastering .. Les exigences sont très élevées. 

Lorsqu’un artiste se retrouve bloqué à un certain étage, le studio s’inscrit dans la continuité de ce fait. Il apporte une dimension nouvelle et un soutien qui permet à l’artiste dans le développement de n’importe quel projet, afin d’arriver au stade final et à la réalisation de son œuvre.

On parle aussi de la pré-production qui est une étape indispensable avant de rentrer en studio. Il s’agit des pistes réalisées « à la maison », soit en « home studio », qui sont souvent conservées et intégrées dans le mix. C’est un gain de temps non négligeable. Cela permet d’avoir une trame de base, qui offre la possibilité de se concentrer sur l’essentiel et de passer du temps sur la prise de son d’autres éléments tels que batteries, voix etc.

Vous avez dû voir passer de nombreux artistes. Une petite anecdote à nous raconter ? 

Trop de souvenirs pour tous les citer… mais spécialement :
L’enregistrement en nocturne de 21h à 7h du matin pour l’album Atàn d’Abbé Ngayihi, lui-même au piano, avec Guy Nwogang à la batterie, Jean-jacques Elangue au sax ténor, JB Tarot au sax Alto,Mr Terrence Ngassa à la trompette, Pierrick Biffot à la basse, Mr Ronan Despres aux drums… 3 nuits d’enregistrement magiques ! Sortir du studio au petit matin grisonnant avec le chant des oiseaux, c’est indescriptible !

La préparation d’un Olympia d’Alan Stivell entre nos murs, avec l’excellent Robert Le Gall à la direction artistique et Eric Peycelon aux manettes, qui a littéralement transformé notre régie en Olympia !!! Magnifique !

Enfin, une autre session nocturne surprise m’a marqué. C’était l’after-live avec Georgia Anne Muldrow et Declaime de Los Angeles, « Do you see those spaceships over there ? ».

Des projets futurs à nous partager ?

Nous aurons de nouveaux murs en 2023 qui porteront la surface totale du studio à 400 m2 avec 4 cabines. La console principale devrait changer également pour une nouvelle couleur toute anglaise 😉  Le tout dans un écrin de verdure au cœur d’un nouveau complexe culturel rennais. Plus de news sur notre site web dès l’année prochaine ! 



Merci infiniment à Ted Beauvarlet, directeur du Studio La Licorne pour ce bel échange. Si vous êtes musicien ou chanteur à Rennes, n’hésitez plus et transformez votre rêve en réalité ! Pour découvrir d’autres histoires inédites de studios, rendez-vous sur notre page les Studios.

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